Il y a des blessures qui cicatrisent avec le temps.
Et il y en a d’autres qui semblent attendre quelque chose avant de pouvoir s’apaiser.
Pendant longtemps, j’ai cru que ce qui faisait le plus mal, c’était ce que j’avais vécu.
Aujourd’hui, je réalise que ce qui me fait encore souffrir, c’est surtout que ce vécu n’ait jamais été reconnu.
La reconnaissance est un besoin profondément humain.
Lorsque nous traversons une épreuve et qu’une personne significative nous dit : « Oui, je comprends. Ce que tu as vécu était difficile. Tu n’aurais pas dû porter cela seul. », quelque chose commence à se réparer.
Mais lorsque cette reconnaissance n’arrive jamais, la blessure reste souvent en suspens.
On continue de se demander :
Est-ce que j’exagère?
Est-ce que j’aurais dû être plus fort?
Est-ce que ce n’était finalement pas si grave?
Cette absence de validation peut parfois faire plus de ravages que les événements eux-mêmes.
Encore plus lorsqu’il s’agit de notre famille.
Reconnaître un sévice ne signifie pas condamner des parents ou des proches. Cela ne signifie pas les réduire à leurs erreurs ni nier tout ce qu’ils ont pu offrir.
Reconnaître, c’est simplement accepter qu’à un moment de notre vie, certains besoins fondamentaux n’ont pas été comblés.
Nous avions besoin de protection.
De limites.
D’encadrement.
De présence.
D’adultes capables de voir ce qui se passait.
Parfois, ces adultes faisaient de leur mieux.
Parfois, ils étaient eux-mêmes dépassés.
Parfois, ils ne voyaient tout simplement pas.
Comprendre leur réalité peut apporter de la compassion.
Mais comprendre ne devrait jamais nous empêcher de reconnaître la nôtre.
Je crois que plusieurs adultes portent encore aujourd’hui une douleur silencieuse parce qu’ils attendent une reconnaissance qui ne viendra peut-être jamais.
Les parents sont décédés.
Les frères et les sœurs n’ont pas vécu la même histoire.
Les souvenirs sont différents.
Le silence s’est installé.
Alors, que faire?
Peut-être commencer par devenir le premier témoin crédible de notre propre histoire.
Se dire :
« Oui, ce que j’ai vécu a été difficile. Oui, cela a eu des conséquences. Et oui, j’ai le droit de reconnaître cette réalité, même si personne d’autre ne le fait. »
Cette reconnaissance n’efface pas le passé.
Elle nous permet toutefois de cesser de lui courir après chez les autres.
Et c’est souvent là que la guérison commence.
Non pas lorsque les autres reconnaissent enfin notre souffrance…
Mais lorsque nous cessons de douter de notre propre vérité.

Sylvie Huard
Accompagnatrice, médiatrice et fondatrice
Moi-même entrepreneure, repreneure et cédante à plusieurs reprises, le terrain en matière de transfert d’entreprise, je m’y connais! Eh oui, j’ai réalisé 10 transactions d’actions, dont 3 en entreprises familiales. J’ai aussi eu le grand privilège d’occuper le poste de PDG au sein d’une entreprise qui a vu ses ventes passer de 13 à 100 millions de dollars en 11 ans.
Malgré un parcours enrichissant dans le monde des affaires, un MBA et un baccalauréat en psychologie, je suis en perpétuelle formation, cherchant sans cesse à raffiner mon art.
Accompagner une famille en affaires, c’est plonger au cœur non seulement de son entreprise, mais aussi de son intimité. Et c’est pour créer ce sentiment de confiance essentiel pour se dévoiler et se dire les vraies affaires, même quand c’est difficile, que je mets tout en œuvre pour créer des espaces intergénérationnels sécurisants.
Chacun a sa propre façon de redonner au suivant. Pour ma part, je me dédie au bien-être des individus et des familles par la recherche et l’écriture. Dans Entreprise familiale : jaser d’affaires en famille sans cocotte de vaisselle , j’ai voulu outiller les familles à préserver l’harmonie familiale et la pérennité de leur entreprise.
